Roster Con :
Comment est venue l’idée de faire une bande dessinée sur les gens
du bureau ?
Yann Rambaud : Tout part d’une vengeance. Au
départ, je travaillais avec un client sur l’élaboration d’une
mascotte. Finalement, le client n’a pas aimé mon travail et ne m’a
pas choisi. J’ai décidé de faire parler cette mascotte et de lui
faire dire quelque chose de décalé. Le dessin était inspiré d’une
photo que j’avais trouvé sur internet en tapant « employé
bureau ». Je trouvais que ces images avaient du sens et voyais
poindre le départ d’un nouveau projet.
Y avez-vous mis un peu de vécu ?
Je n’ai pas eu beaucoup d’expérience en entreprise (excepté un
stage de trois mois dans une entreprise qui vendait des toilettes).
Après ce stage, je me suis ré-orienté dans le dessin. Je pense
avoir mis dans mon livre des choses vécues là-bas, et pendant mes
études de commerce. J’ai aussi beaucoup pioché dans les sujets
d’actualité (cf burne-out). Pour finir, je me suis éloigné du monde
de l’entreprise, pourtant je retrouve sensiblement les mêmes
problématiques dans mon travail de dessinateur de Bd.
A la première lecture, on se retrouve face à des
personnages un peu machos, n’est-ce pas un peu cliché
?
Je pense que le monde de l’entreprise est encore très archaïque
tout comme celui de la Bd. Le sexisme reste selon moi un sujet
d’actualité dont il faut parler, et pourquoi pas au second
degré.
« Les gens du bureau » est une BD
humoristique. Cherchez-vous également par cet intermédiaire à
dénoncer certains comportements tels que le harcèlement ou le
statut de stagiaire ?
Ce n’est pas quelque chose que je souhaitais forcément faire. Au
départ, le but était simplement d’utiliser le monde de l’entreprise
comme prétexte pour faire des gags. En ce qui concerne les
stagiaires, j’avais déjà mon expérience qui m’influençait. Mais
plus le livre avançait, plus je découvrais des choses
invraisemblables. En France, 90% des affaires de harcèlement sexuel
au travail sont classées sans suite, faute de preuve. Face à ce
genre de découvertes, et même si le livre reste avant tout un livre
humoristique, mes gags ont fortement été influencés.