Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, Manu Bennett et Michael Rowe ont parcouru le monde à
la rencontre de leurs fans. Si Michael ne connaissait pas
l’existence des conventions avant son rôle dans Arrow, Manu Bennett a été mis au courant
de ces événements par son ami acteur Temuera Morrison (Jango Fett
in Star Wars). Lui aussi Maori, il lui a conseillé de se rendre à
ces événements : « alors une fois ma carrière en route, je
m’y suis rendu et j’ai découvert exactement ce dont il m’avait
parlé ». Un monde où le contact avec l’autre est mis en
avant : « Ce sont des moments très social et le monde
devient de moins en moins social notamment en Amérique du nord.
Les gens font tout en ligne, et sont de plus en plus
renfermés sur eux même alors que lors des conventions ce sont des
moments de fête, ça peut devenir complètement fou à ces
événements, nous affirme Michael.
C’est comme un concert de rock, une ambiance ‘Rock
Star' » Même son de cloche chez Manu Bennett qui se rend
aux conventions pour une seule raison, les gens : « si
vous n’êtes pas connectés avec les gens, autant aller
s’asseoir dans une tour d’ivoire et ce n’est clairement pas ma
place dans ce monde, pas ma place en tant qu’artiste. En tant
qu’artiste, je suis là pour toucher les gens. » Il
poursuit : « j‘ai la chance de jouer des personnages qui
sont reconnus et qui ont de très bonnes valeurs. Plutôt que de
jouer des héros plats, je joue les personnes qui sont à côté d’eux,
qui ont des défauts et je trouve que se sont des personnages plus
réalistes pour la plupart des gens. Cette responsabilité artistique
me plait. La plupart des défis que j’ai avec ces
personnages reposent sur leurs vies assez chaotiques, ils sont
tourmentés ou défiés par la vie et doivent évoluer pour devenir ce
qu’ils sont. En terme de pertinence, les gens qui connaissent mon
histoire personnelle savent que c’est également ma vie. Alors que
je puisse partager ces aspects en tant qu’artiste, de pouvoir
toucher les gens à travers l’écran, c’est une position d’influence
que je ne prends pas à la légère. J’essaye simplement de l’aborder
avec sincérité. »

Panel général – Super Heroes Con 3 – Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow, Prison Break
Venant du monde de la musique, Michael Rowe fait un parallèle avec son époque musicale et se reconnait dans ce milieu même s’il avoue ne pas avoir encore tout cerné : « Quand je suis allé pour la première fois en convention, cette communauté me parlait parce que, venant du monde de la musique (il jouait du punk rock ndlr) j’ai vu ces gens qui étaient en quelque sorte en marge, des outsiders dans leur école par exemple et ils venaient se retrouver autour de cette même passion commune et cette communauté me rappelait ça justement, se remémore-t-il. Quand j’ai arrêté de jouer de la musique et que j’ai commencé à jouer la comédie j’avais l’impression d’être comme un musicien qui était en studio tous les jours. Or, je jouais de la musique pour faire des tournées, des concerts, pour rencontrer des gens et voir le monde. Alors quand j’ai réalisé que les conventions existaient j’étais là : « super, je vais pouvoir à nouveau partir en tournée ». Ça me correspondait très bien mais c’était également très étrange pour moi parce que je ne comprenais pas tout. Aux Etats-Unis, beaucoup de gens se costument comme les personnages des séries ou films et ils sont vraiment impliqués là dedans. Ils sont comme des œuvres d’art. Ils jouent un peu la comédie mais, surtout, ils réalisent eux-mêmes leurs costumes. Ils sont plus fans de la façon dont la série est designé plutôt que de la façon dont l’acteur choisi de jouer la personnalité du personnage. Et donc tu rencontres ces gens en étant toi-même, en étant l’acteur du rôle et eux sont en cosplay du personnage que tu joues donc ils jouent ton rôle durant le week-end alors qu’ils sont en train de rencontrer l’acteur qui le joue. C’est très étrange mais également très marrant. » C’est d’ailleurs un des aspects qui lui font préférer les conventions européennes à celles d’Amérique du Nord : « les conventions sont plus petite en Europe, on peut alors plus parler avec les gens. Ça me permet également de visiter de nouveaux endroits, de rencontrer de nouvelles personnes qui ont des cultures différentes. C’est beaucoup plus stimulant. Aux Etats-Unis, elles sont toutes un peu identiques les unes aux autres. »

Panel général – Super Heroes Con 3 – Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow & Prison Break
En fin connaisseur de conventions – même si Michael Rowe trouve qu’il « en a pas fait tant que ça, et beaucoup moins que les autres. Qu’une douzaine environ », on vous laissera juge – nous avons forcément voulu connaître ce qu’ils ont préféré lors de leurs précédentes expériences et s’ils avaient un souvenir ou un fan particulier qui leur venait un tête. Pour Manu, impossible de choisir : « c’est comme marcher en forêt et devoir choisir un arbre en particulier. » Il ajoute tout même : « Il y a une possibilité que ce que nous faisons influence les gens et je le sais parce que je voyage à travers le monde et je rencontre les fans et je vais aux conventions pour cette raison. Il y a tellement de gens qui viennent me voir, des soldats qui sont revenus du combat en Afghanistan et me disent que lorsqu’ils étaient coincés là bas avec leurs camarades ils regardaient Spartacus parce qu’ils s’identifient à la fraternité, la perte, la souffrance d’une unité qui est face à la mort tous les jours. Quelques fois je me sentais presque humilié quand je parlais avec eux parce qu’en tant qu’acteur on n’est pas réellement dans cette situation. Mais en même temps, lorsque j’avais 16 ans, mon frère est mort entre mes mains donc je connais la perte, je connais ce sentiment alors lorsque je joue mon personnage je sais où aller chercher en moi pour faire ressortir ce sentiment. Quand on fait passer quelque chose de vrai à travers une petite tv posée dans une tente en Afghanistan, on ne réalise pas qu’on fait réellement quelque chose qui a du sens avant de rencontrer la personne concernée. En tant qu’artiste c’est tout ce que j’essaye d’accomplir à travers mes performances : montrer émotionnellement la réalité pour que les gens puissent s’identifier au voyage émotionnel du personnage. »
Quant à Michael Rowe, cela lui permet de se rapprocher des autres acteurs et il aime beaucoup ça : « tout le monde pense que sur une série tous les acteurs se connaissent entre eux mais ce n’est pas forcément le cas donc le seul moyen que j’ai de les connaître passe par les conventions. Cela me permet également de développer des liens plus forts avec des acteurs avec qui je ne travaille plus. Même si les conventions restent du travail, on peut être nous-même, dîner ensemble, aller à des soirées ensemble… Du coup, pour moi, un des meilleurs aspects de ces événements est de devenir très bon ami avec des gens avec qui je n’aurai peut être jamais l’occasion de travailler et, dans les univers d’Arrow, The Flash ou Legends of Tomorrow, il y en a énormément ! Il y a tellement de gens dont j’ai vu le travail sur ces séries mais à qui je n’ai jamais pu dire que j’adorais leur travail, que je n’ai jamais pu apprendre à connaître… Les conventions le permettent. »
Après avoir échangé avec Manu Bennett et Michael Rowe, nous avons la confirmation que les conventions sont tout aussi importantes pour eux que pour les fans. Alors si vous aussi vous voulez partager des moments qui resteront gravés dans la mémoire des acteurs (et dans les vôtres), on vous donne rendez-vous à une prochaine convention !